Le moment PKP

2015-01-26

« Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu’au bout »

Vendredi dernier, Jean-François Lisée se retirait de la course à la chefferie du PQ. Le point culiminant de son allocution fut le suivant: « Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu’au bout ». Derrière cette phrase anodine se cache, à mon avis, la raison profonde de la capitulation de Jean-François Lisée. Bien sûr, les sondages montrent que PKP est loin devant ses adversaires, et que Lisée a peu de chance de remporter la course. Mais je ne crois pas que cela soit suffisant pour le décourager. Un politicien sérieux avec son expérience voit certainement l’avantage de pouvoir promouvoir et débattre de ses idées lors d’une course à la chefferie. Tout politicien sait qu’il peut perdre. Dans bien des cas, des candidats aux élections savent très bien qu’ils vont perdre. Malgré cela, ils continuent de se battre.

Je crois que cette capitatulation prend son origine dans les raisons de l’avance de PKP, plutôt que dans l’avance elle-même. Le terme « moment Pierre Karl Péladeau » souligne la raison principale de cette avance. Il s’agit d’un éblouissement temporaire, une admiration et une fascination, mêlée de crainte, devant un personnage important et puissant. Cette PKPmanie a peu à voir avec les propositions politiques du personnage, son aptitude à diriger un parti politique, ou encore son aptitude à éventuellement assumer des fonctions de premier ministre. En fait, ayant peu d’expérience en politique, PKP a jusqu’ici plutôt multiplié les erreurs, et celui-ci n’est pas le plus ouvert pour ce qui est d’exprimer ou de débattre ses idées pour le Québec. Je n’enlève rien à PKP ici, je note seulement que ce que l’on a vu et entendu de lui jusqu’à maintenant ne justifie pas qu’il soit déjà largement en tête du peloton. Il pourrait en fait s’avérer un bon choix. Un homme d’action peut surmonter les obstacles et arriver à ses fins. Il doit cependant y avoir des penseurs d’expérience au second plan pour s’occuper des détails et éviter les erreurs. Particulièrement lorsque le but du parti est de former un pays, c’est-à dire de chambarder complètement l’ordre politique établi. On verra.

Lisée a misé sur la transparence dans son approche. Une discussion franche avec ses adversaires sur les idées et propositions de chacun, ainsi que sur les faiblesses du parti. Or il s’aperçoit que les membres ne le suivent pas dans cette approche, préférant l’attrait de l’énigmatique PKP. Il est difficile pour Lisée de critiquer ouvertement les membres pour ce choix qu’il considère peu éclairé dans les circonstances, sinon pour conclure que « Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu’au bout ». Et comme la lutte ne se fait plus sur un débat d’idée, il préfère se retirer. Espérons que dans les semaines à venir, les idées de chacun prendront plus de place auprès des membres. C’est le message que Lisée laisse derrière lui.

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