LE CHEMINEMENT DU FRANÇAIS EN LOUISIANE : CULTURE ET IDENTITÉ

Au crépuscule de la décennie 1960-70, la Louisiane promulgue des lois visant la création de programmes destinés à développer et préserver la langue française sur son territoire. En 1983, Dorais constate « un regain d’intérêt pour la culture traditionnelle », mais souligne l’incongruité, aux yeux des Québécois, de la croyance de plusieurs Cajuns à l’effet qu’ils peuvent « conserver leur identité spécifique » sans pour autant parler français[i]. Une cinquantaine d’années après l’implantation des changements instaurés par l’État, nous sommes maintenant en mesure d’en apprécier les effets. Nous allons d’abord revenir sur l’histoire du français en Louisiane en examinant brièvement les modifications pertinentes faites à sa constitution au cours des années, ainsi que la persistance de son Code civil d’origine française. Nous discuterons ensuite de l’éveil de la population louisianaise à la culture francophone au milieu du XXe siècle, encouragé par des organismes gouvernementaux, tel CODOFIL, et soutenu par des partenaires internationaux. Nous verrons ensuite comment, au XXIe siècle, propulsé par l’explosion des moyens de communication et une recrudescence de l’enseignement du français en immersion, la langue et la culture francophone ont continué de progresser. Enfin, nous examinerons les données du recensement à propos de la langue parlée à la maison en Louisiane et dans les paroisses francophones et tenterons de tirer des conclusions quant à la langue, la culture et l’identité de la population cadienne.       

XVII-XX siècle : le choc des langues

Le français René Robert Cavelier, Sieur de La Salle, prit possession du territoire qu’il nomma « Louisiane » en 1682, en honneur de Louis XIV, roi de France. En 1717, un gouvernement civil est établi et le droit civil français codifié est appliqué dans la colonie[ii].

À la fin de la guerre de Sept Ans (1763), la colonie française est cédée à l’Espagne par le Traité de Paris. Le régime espagnol, qui comporte certaines similitudes avec le système français (religion, culture, lois), se fait sans heurts sur le territoire et n’empêche pas la progression du français[iii]. Une quarantaine d’années plus tard, entre 1800 et 1803, l’Espagne accepte de retourner la Louisiane à la France, qui la vend alors aux États-Unis. La nouvelle acquisition des Américains formera le « Territory of Orleans ».

En 1812, le territoire devient officiellement le dix-huitième État. La nouvelle constitution de l’État, écrite en français et traduite en anglais (une condition d’accession à l’Union), et ses nombreuses modifications au cours des années qui suivront auront une influence importante sur le statut du français[iv]. Fortement francophone au moment d’accéder au statut d’État, la Louisiane est incapable, malgré ses efforts, de maintenir cette position dominante. Rapidement, l’État est envahi par une population anglo-américaine qui, dès 1845, vise à prendre un contrôle plus important sur les affaires de l’État. Vingt ans plus tard, cette domination anglophone se traduit par des changements drastiques dans la constitution de 1868 : l’enseignement devra se faire en anglais seulement et les lois ne seront promulguées qu’en anglais. Une quinzaine d’années s’écouleront avant de voir des assouplissements et le retour d’une forme d’enseignement en français à certains endroits où le français prédomine, assouplissements qui s’étendront quelque peu dans la constitution de 1898. Malheureusement, le français est déjà très affaibli. Tellement qu’on ne voit plus la nécessité, dans la constitution de 1921, d’y accorder une importance particulière. L’anglais devient la langue unique d’enseignement. Vers la fin des années 1960, un mouvement en faveur de la réintroduction du français renait, ce qui mène à l’ajout d’un énoncé général dans la constitution de 1974, mais le français n’y est pas mentionné explicitement. On reconnait tout au plus le droit du peuple de préserver et promouvoir ses origines linguistiques et culturelles historiques. Les langues autres que l’anglais sont traitées comme d’anciennes pièces de monnaie : on reconnait leur valeur, mais elles n’ont plus cours légal.

Malgré l’affaiblissement généralisé du français au profit des Anglo-américains, il faut noter que la Louisiane a su conserver son Code civil. La version de 1825, écrite en français, puis traduite en anglais, a fait l’objet de vives critiques de la part de la Cour suprême de la Louisiane pour la piètre qualité de la traduction, au point où tout conflit entre les deux versions sera tranché en faveur de la version française. Il est remarquable que cet état de choses se soit maintenu même après la publication (en anglais seulement, en conformité avec la constitution de 1868) du Code civil révisé de 1870, cela pour les articles n’ayant pas fait l’objet d’une révision[v]. Les cours continuent donc de faire appel à la version française de 1825 dans l’interprétation de la loi : « Therefore, although the corpus of the French language has long since disintegrated, its spirituscontinues to haunt Louisiana law[vi]. »

Cette période est constituée de hauts et de bas dans la lutte pour le maintien de la langue autrefois majoritaire. Malgré les efforts déployés, l’élimination de l’enseignement du français en 1921 aura un impact important sur les générations suivantes et leur capacité à freiner le déclin inéluctable qu’une telle décision entraine.     

Fin XXe siècle : l’éveil à la culture

Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), un organisme gouvernemental fondé en 1968 (Acte 409), est chargé de la difficile tâche de développer et préserver la langue française en Louisiane[vii]. Les interventions sont concentrées à l’intérieur d’un triangle composé de 22 paroisses formant la région « Acadiana », ainsi nommée en 1971 (résolution 496) pour souligner l’important héritage cadien et acadien de la région[viii].

Au même moment (1968), l’assemblée législative mandate l’enseignement de la langue et de la culture française dans les écoles primaires et secondaires[ix].

En 1991, Jacques Henry (directeur du CODOFIL) dresse un portrait sommaire des résultats de l’organisme après deux décennies d’existence[x]. Les deux principaux créneaux d’intervention sont l’éducation et les communications. L’enseignement du français, langue seconde, dans les écoles primaires profite alors à 64 000 élèves. Près des deux tiers des professeurs sont louisianais, alors qu’auparavant la majorité venait de l’étranger (France, Belgique, Québec, Acadie). La culture francophone s’épanouit : écrivains, musiciens, acteurs et autres artistes font leur marque. L’arrivée de TV5 et de journaux, comme La gazette de Louisiane[xi] permet d’implanter le français dans l’univers médiatique local. 

Il nous faut souligner ici l’apport du Québec et de l’Acadie dans cette résurgence du français[xii]. Dès la formation de CODOFIL, un accord culturel est signé avec le Québec, qui établit un bureau à Lafayette en 1971. Des enseignants sont envoyés et des échanges d’élèves prennent place. La signature d’un accord culturel avec les Maritimes en 1992 déplace le point de mire vers l’Acadie, ce qui renforce « la baisse d’importance du critère linguistique dans la définition de l’identité cadienne et le glissement vers une définition historico-culturelle »[xiii]. Les Congrès mondiaux acadiens (le premier en 1994 au Nouveau-Brunswick ; le second en Louisiane en 1999) sont des occasions pour la famille acadienne de se réunir[xiv].

Cette période est caractérisée par une prise de conscience sociale de l’importance de préserver la langue et la culture francophone : « Le statut du français louisianais est en train de passer rapidement d’une langue à réprimer à une langue dont on est fier »[xv]. Ce désir de préserver la culture francophone est encouragé par des initiatives du gouvernement louisianais qui, au-delà de la culture, y voit des avantages économiques. L’attrait de cet état pour les nombreux visiteurs qui y séjournent réside précisément dans son unique héritage culturel.  

XXIe siècle : le boom culturel francophone

L’Assemblée législative de la Louisiane continue de manifester son appui en faveur du développement du français. Le paragraphe 671.1 de la loi 106 de 2011 est remarquable : « The heritage of the French-speaking people of Louisiana is one of the greatest treasures of Louisiana’s rich cultural patrimony and perhaps the most significant factor in making the state’s culture unique »[xvi]. Cette entrée en matière est suivie d’une description de l’impact économique important des francophones qui habitent et visitent l’État, le tout pour justifier l’instauration d’un programme visant à fournir des services gouvernementaux en français.

En 2012, lors d’une révision de la loi encadrant le CODOFIL, on ajoute l’exigence d’implanter une école d’immersion française dans vingt-deux paroisses de la région d’Acadiana[xvii]. Ces programmes d’immersion (au nombre de 4 en 1991), décrits en détail dans un guide produit par CODOFIL[xviii], sont la pierre angulaire de la stratégie de francisation. Parmi les 160 écoles offrant un programme d’immersion en français aux États-Unis, la Louisiane se classe première en 2019 avec plus de 30 programmes[xix]. Malgré certains problèmes inhérents à ces programmes d’immersion, qui peuvent mener à un retrait de certains étudiants, une étude en 2011 conclut à un succès impressionnant pour ceux qui persistent[xx].  

La Louisiane adhère à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis 2018, en qualité d’observateur. Dans son rapport 2019 sur la langue française dans le monde, l’OIF indique que « l’enseignement bilingue connait un engouement sans précédent »[xxi] aux États-Unis, surtout en anglais/espagnol, anglais/français et anglais/chinois. Il est mentionné que la Louisiane et l’Utah font particulièrement bonne figure dans ce domaine.

Le développement fulgurant de l’internet depuis le début du siècle a permis à de petits joueurs francophones de se tailler une place dans le monde des médias, à travers des blogues, balados, et la diffusion en ligne de contenus variés[xxii]. Un exemple probant est la création de Télé-Louisiane, une chaine francophone qui s’affiche d’une façon on ne peut plus colorée : « Télé-Louisiane. Icitte. Asteur. Ensemble. ». Particulièrement notable, la chaine produit et diffuse depuis peu une série de dessins animés destinés aux jeunes Louisianais[xxiii].    

Les données du recensement[xxiv] nous informent à propos du nombre de locuteurs âgés de 5 ans et plus parlant le français à la maison dans l’état de la Louisiane. L’espagnol est inclus pour fin de comparaison.

Il apparait clairement que le français est en rapide déclin, et cède maintenant sa place à l’espagnol comme langue d’usage, après l’anglais. Voici les mêmes données en ce qui concerne le poids de la langue dans l’État.

Ces faibles pourcentages en ce qui concerne l’État ne reflètent pas bien la situation du français dans la région d’Acadiana, où la majorité des francophones se trouvent. Voici une comparaison des données de 2000 et 2010 dans cinq paroisses ayant un pourcentage élevé de francophones[xxv].

On constate une baisse importante du poids du français entre 2000 et 2010. Aucune paroisse ne dépasse maintenant les 20 % de francophones. De gauche à droite, les paroisses sont représentées du nord au sud : Avoyelles, au sommet du triangle d’Acadiana ; Vermillon/Lafourche adjacentes au golfe du Mexique. On note que le nombre de locuteurs accuse une baisse de plus de 30 % au nord, mais que cette baisse diminue fortement lorsqu’on se dirige vers le sud.

Ces données ne comptabilisent pas ceux qui maitrisent la langue française comme langue seconde, sans pour autant parler la langue à la maison. Un récent reportage de TV5Monde laisse entendre qu’il y aurait plus de 250 000 « francophones » en Louisiane aujourd’hui, une augmentation de 25 % en vingt ans[xxvi]. Cela tend à démontrer que même si le français est en constant déclin comme langue d’usage dans les foyers, les efforts des dernières décennies ont largement contribué à augmenter sa présence comme langue seconde.

Cette dichotomie entre la diminution du nombre de locuteurs parlant la langue à la maison et l’augmentation du nombre de ceux qui arrivent à la maitriser n’est pas sans conséquence. Chaque peuple possède un caractère distinct, une manière d’être et de réagir qui définit son identité. L’identité d’un peuple s’exprime de façon unique par ses structures sociales et sa culture. Un aspect important dans l’expression de cette culture est la langue, façonnée par l’usage de façon à refléter les exigences et aspirations de ce peuple. La langue parlée à la maison est généralement le véhicule utilisé pour exprimer ce caractère identitaire de la culture. Comme le dit le fier cadien francophone Jourdan Thibodeaux dans un excellent reportage de France24 : « Je crois que le plus important c’est la langue, que sans ça on n’a rien »[xxvii]. Nous pouvons contraster ce témoignage avec celui de cette jeune femme qui assiste au petit déjeuner hebdomadaire en français dans un restaurant local de Lafayette, dans un effort pour raviver la langue de ses ancêtres « parce que mes arrière-grands-parents parlaient français, mes grands-parents, mes parents ne parlent pas français »[xxviii]. Dans ce cas, il s’agit d’une démarche intellectuelle en faveur de la connaissance de la langue française et de la culture francophone. Ce type de démarche, qui a pris de l’ampleur au cours des dernières décennies, semble porter ses fruits, mais cette langue à laquelle on donne un second souffle exprime de moins en moins le caractère identitaire de ses locuteurs pour qui ce n’est plus la langue d’usage dans les foyers. Elle permet par contre de reconnaitre et célébrer la culture francophone qui fait partie de l’héritage cadien. Dans un article de 1994, Étienne Balibar clarifie de façon remarquable les notions complexes de culture et d’identité des peuples[xxix].     

Il est difficile de prévoir avec certitude l’avenir du français en Louisiane. Le plein effet des programmes d’immersion, dont plusieurs sont relativement récents, prend un certain temps avant de se faire sentir. Par contre, si la tendance se maintient et si les autorités gouvernementales continuent leur support, l’État semble s’être engagé sur la bonne voie pour éviter la disparition de la langue, voire assurer sa progression comme langue seconde. Mais d’autres facteurs sont à considérer. Avec la diminution constante du poids du français comme langue parlée à la maison (et l’augmentation de l’espagnol), viendra-t-il un temps où les programmes d’immersion en français n’auront plus la cote ni le support des autorités gouvernementales ? Dans un autre ordre d’idée, les mouvements de populations en réponse aux changements climatiques ou autres désastres vont-ils influencer la présence francophone dans le sud de l’État ? Les changements climatiques se font déjà sentir et ce n’est que le début : augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes tropicales et ouragans ; hausse du niveau de la mer et ennoyage des côtes ; inondations ; et autres effets résultant de la hausse des températures[xxx]. Le sud de la Louisiane et le golfe adjacent sont truffés d’installations pétrolières (raffineries, plateformes, puits, pipelines, etc.)[xxxi] qui constituent une menace constante de catastrophes environnementales comme celle de l’explosion de la plateforme BP en 2010.    

Conclusion

Le cheminement du français en Louisiane nous force à nous poser des questions à propos du rôle culturel et identitaire joué par la langue. Fortement francophone au moment de son annexion aux États-Unis en 1812, l’État s’anglicise graduellement jusqu’à ce que l’anglais devienne la langue juridique et d’enseignement exclusive en 1921. En 1968, le gouvernement rétablit l’enseignement du français comme langue seconde et encourage le développement du français avec la création de CODOFIL. L’intérêt pour la langue et la culture francophone continue de progresser au XXIe siècle, aidé par l’explosion des moyens de communication et la popularité des programmes d’immersion. Même si ces résultats semblent prometteurs pour l’avenir, nous constatons une diminution constante du poids du français parlé à la maison, ce qui nous amène à conclure que bien que la connaissance de la langue et de la culture progresse, le français exprime de moins en moins le caractère identitaire de ses locuteurs. 


[i] Dorais, Louis-Jacques. La Louisiane, Québec français. 1983, No. 49, p.20-22. En ligne. [https://www.erudit.org/fr/revues/qf/1983-n49-qf1210776/55418ac.pdf]. Consulté le 20 juillet 2021.

[ii] Leclerc, Jacques. La colonie française de la Louisiane, section 3.1, En ligne.  [http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/Nlle-France-Louisiane.htm] . Consulté le 23 juillet 2021. 

[iii] Ward, Roger K. The French Language in Louisiana Law and Legal Education: A Requiem, Louisiana Law Review Vol. 57 (1997), p. 1289, En ligne. [https://digitalcommons.law.lsu.edu/lalrev/vol57/iss4/7 ]. Consulté le 23 juillet 2021.

[iv] Ibid. p. 1291-1301

[v] Ibid. p. 1305-1306

[vi] Ibid. p. 1307

[vii] Louisiana Department of Culture. En ligne. [https://www.crt.state.la.us/cultural-development/codofil/about/index]. Consulté le 23 juillet 2021.

[viii] Acadiana Legislative Delegation. En ligne. [https://house.louisiana.gov/acadiana/]. Consulté le 23 juillet 2021.

[ix] Louisiana State Legislature, RS 17 :272. En ligne. [http://www.legis.la.gov/legis/Law.aspx?d=80397]. Consulté le 23 juillet 2021.

[x] Henry, Jacques. Le français en Louisiane : le doute, puis l’espoir, Bulletin de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, Volume 1, Septembre 1991, Numéro 1. En ligne. [https://www.regionamerique-apf.org/Bulletin/Vol1No1/Art9.pdf]. Consulté le 23 juillet 2021.

[xi] Boudreaux, Rose-Marye. La gazette de Louisiane : un peu d’histoire, Bulletin de l’Assemblée parlementaire de la francophonie, Volume 7, Septembre 1997, Numéro 2. En ligne. [https://www.regionamerique-apf.org/bulletin/Vol7No2/art20.pdf]. Consulté le 23 juillet 2021.

[xii] Henry, Jacques. Réalignement francophone: les relations Louisiane-Québec-Acadie, Francophonie d’Amérique, (9), p 63-72. En ligne. [https://www.erudit.org/fr/revues/fa/1999-n9-fa1808597/1004956ar.pdf]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xiii] Ibid. p. 70

[xiv] La Société nationale de l’Acadie. Congrès Mondial Acadien. En ligne. [https://snacadie.org/nos-dossiers/promotion/congres-mondial-acadien]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xv] Brown B., Une remise en cause de la situation linguistique de la Louisiane française, Francophonies d’Amérique, 1993, (3), p. 177. En ligne. [https://www.erudit.org/en/journals/fa/1993-n3-fa1807525/1004457ar.pdf]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xvi] Act 106: Louisiana French Language Services. En ligne. [https://web.archive.org/web/20120331014149/http://latinlouisiana2010.wordpress.com/2011/07/04/act-106-louisiana-french-language-services/] . Consulté le 24 juillet 2021.

[xvii] Louisiana State Legislature, RS 25:651. En ligne. [https://legis.la.gov/Legis/Law.aspx?p=y&d=84519]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xviii] CODOFIL, French Immersion: A Guide for Creating a Successful Program, En ligne. [https://www.crt.state.la.us/Assets/OCD/codofil/Guide%20Immersion.pdf]

[xix] FrenchDLI.org, French Dual Language in the United States. En ligne. [https://sites.google.com/face-foundation.org/frenchdli/home]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xx] Nicole Boudreaux, Exploring French Immersion Student Attrition in Louisiana: Who Leaves, When, and Why?, American Council on Immersion Education (ACIE) Newsletter, May 2011, Vol. 14, No. 2. En ligne. [https://carla.umn.edu/immersion/acie/vol14/no2/may2011_rr.html]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xxi] Organisation internationale de la francophonie. La langue française dans le monde, Éditions Gallimard, 2019, p. 119. En ligne. [https://www.francophonie.org/sites/default/files/2020-02/Edition%202019%20La%20langue%20francaise%20dans%20le%20monde_VF%202020%20.pdf]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xxii] Le Courrier des Amériques, Louisiane : de nouveaux et très intéressants médias en français, 3 juin 2019. En ligne. [https://courrierdesameriques.com/2019/06/03/louisiane-de-nouveaux-et-tres-interessants-medias-en-francais/]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xxiii] Télé-Louisiane, Première des Aventures de Boudini et ses Amis : « Une Belle Journée de Pêche », 2021. En ligne. [https://www.youtube.com/watch?v=2zzGBKA1Wo8]. Consulté le 24 juillet 2021.

[xxiv] U.S. Census Bureau. En ligne. [https://data.census.gov/cedsci/table?g=0400000US22&tid=ACSDT1Y2019.B16001&q=ACSDT1Y2016.B16001]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxv] MLA Language Map Data Center. En ligne. [https://apps.mla.org/map_data]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxvi] Fried A., Francophonie: une chaine de télévision en français en Louisiane, TV5Monde, 13 mars 2021 En ligne. [https://information.tv5monde.com/video/francophonie-une-chaine-de-television-en-francais-en-louisiane]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxvii] France24, États-Unis: en Louisiane, avec les Cajuns qui veulent préserver leur identité. En ligne. [https://www.youtube.com/watch?v=ijL31NmPiKw]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxviii] Alex Décotte, Louisiane 2010 (5): Parler français. En ligne.

[https://www.youtube.com/watch?v=dYTqI7rF2ys]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxix] Balibar E., Identité Culturelle, identité nationale, Quaderni, 1994, (22), pp.53-65. En ligne. [https://www.persee.fr/doc/quad_0987-1381_1994_num_22_1_1062]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxx] U.S. Environmental Protection Agency, What Climate Change means to Louisiana, August 2016. En ligne. [https://19january2017snapshot.epa.gov/sites/production/files/2016-09/documents/climate-change-la.pdf]. Consulté le 25 juillet 2021.

[xxxi] ICF, The Economic Impact of the Oil and Natural Gas Industry in Louisiana, 2020. En ligne. [https://www.lmoga.com/assets/uploads/documents/LMOGA-ICF-Louisiana-Economic-Impact-Report-10.2020.pdf] . Consulté le 25 juillet 2021.

UAPs: What would science fiction say?

On May 17, a House subcommittee of the U.S. Congress held a hearing about UAPs (Unidentified Aerial Phenomena – aka UFOs). Many questions asked to representatives of the Department of Defense were about management of the program studying these questions and about possible threats to national security. Fortunately, House representatives Adam Schiff and Jim Himes had questions specifically geared toward a better understanding of the events themselves. Extraterrestrials came up, but this was not the subject of much discussion.

A report from the Director of National Intelligence in June 2021 indicates that sightings tend to cluster around U.S. testing and training grounds, which they believe is the result of a collection bias as a result of focused attention in these areas. Also, some UAPs appear to be able to “maneuver abruptly, or move at considerable speed, without discernable means of propulsion”. 

So, what would science-fiction make of that? The “unusual UAPs movement patterns” may be the result of a warping of spacetime with a propulsion system akin to the theoretical Alcubierre drive or a more recent iteration of a related system (see https://www.scientificamerican.com/article/star-treks-warp-drive-leads-to-new-physics/). Who would own such a system? Foreign adversaries? Unlikely that they could develop and fly these in America without anyone knowing about it. Extraterrestrials? Unlikely that they would cross the galaxy just to fly around in the sky once in a while, year after year, without ever making contact. We are left with U.S. and industry classified programs, that is new technologies being developed. Possible, but not particularly interesting for our science fiction viewpoint.

Here is a more interesting possibility. In the future, these U.S. and industry classified programs will finally develop a type of warp drive allowing them to fly objects in some sort of spacetime bubble. They will test these on and near U.S. military bases. But there is a side effect: time is also warped. Around these military bases, these prototypes will fly in the sky, but will be visible IN THE PAST!  We don’t see these UAPs landing anywhere, because when their warp drives are inactivated, they return to their time in the future. The question is: are they aware in the future that we can see these objects in the past? Perhaps they are and can collect images from the past when they fly to our time. Perhaps these devices are made specifically to explore the past (time machines!). I love science-fiction!

Now, let us try our warp drive: https://www.youtube.com/watch?v=t8LD0iUYv80

La pourvoirie de l’esprit

Philomène Barbeau, détective à la SQ qui s’est rarement éloignée de Montréal, devra composer avec la vie en région éloignée lorsqu’elle est chargée d’enquêter sur un meurtre qui a eu lieu sur une ile du Réservoir de Caniapiscau. La victime, un dirigeant d’Hydro, participait à un étrange pèlerinage entre les iles du réservoir, iles nommées en 1997 en l’honneur de textes d’auteurs québécois pour commémorer la loi 101.

Disponible sans frais pour lecture en ligne sur votre navigateur internet, sous forme de livre numérique feuilletable:

https://www.primedigits.com/lapourvoiriedelesprit/

Aussi disponible pour téléchargement en format PDF:

https://www.primedigits.com/lapourvoiriedelesprit/pdf/

Supercellule!

Superman demeure mon super-héros préféré. Sous l’air timide de Clark Kent, celui-ci cache une force et une résistance à toute épreuve. Mais voilà que les biologistes sont en train de construire Supercellule, qui promet des prouesses tout aussi extraordinaires.

Ce qui suit est inspiré d’un article se Scientific American de juillet 2019: The Invulnerable Cell, par Rowan Jacobsen. Je vais m’efforcer de simplifier la biologie pour mettre l’emphase sur la logique du processus.

Lorsque j’étais étudiant en biochimie dans les années 70, une question typique d’examen pouvait se résumer ainsi: « Décrivez une expérience permettant de déterminer si le processus X dans une cellule est dépendant du processus Y ». Il nous suffisait alors d’utiliser notre connaissance des processus X et Y et des technologies permettant d’affecter ces processus (l’objet de notre cours de biochimie) pour planifier une expérience permettant de répondre à la question. Les technologies ont beaucoup évolué depuis les années 70, ce qui permet maintenant de répondre à la question suivante:

Décrivez une expérience permettant de créer des cellules résistantes à tout virus.

Non seulement on a pu planifier une telle approche, mais on est en train de réaliser l’expérience, un projet de longue haleine étant donné le nombre de manipulations génétiques nécessaires. La beauté de cette expérience réside dans la logique ingénieuse utilisée pour attaquer le problème. Tous les éléments étaient déjà connus dans les années 70, mais la technologie nécessaire n’était pas encore disponible. Allons-y étape par étape.

La cellule

La cellule est l’unité de vie. Celle-ci est constituée d’une membrane qui enveloppe la machinerie nécessaire aux fonctions de la vie: gestion de l’énergie, construction/réparation à partir de matières premières, gestion des déchets, reproduction.

Les bactéries sont constitués d’une seule cellule. Les organismes plus avancés (plantes, animaux, humains) peuvent contenir des milliards de cellules spécialisées, qui travaillent de concert en vue de maintenir l’organisme en vie.

Pensez à votre demeure. Les murs (la membrane) sont une barrière permettant de maintenir un environnement intérieur différent de l’environnement extérieur. Les ouvertures dans les murs (portes, fenêtres, entrée d’eau et d’électricité, etc.) permettent de contrôler ce qui entre et ce qui sort, le rôle de la membrane dans une cellule.

Mais la cellule est beaucoup plus complexe que votre demeure. Celle-ci peut se reproduire. Elle contient les plans de sa propre construction, sous forme d’ADN, ainsi que la machinerie nécessaire pour construire un duplicata. Imaginez votre demeure contenant les plans de la maison, ainsi que les corps de métier nécessaire à sa reconstruction!

Le virus

Un virus est minuscule, comparé à une cellule. Ce n’est qu’une enveloppe de protéines contenant les plans de sa propre construction, sous forme d’ADN (ou ARN). Chaque virus a une affinité spécifique pour un type de cellule en particulier. Il s’attache à la membrane de cette cellule et injecte les plans de sa propre construction (ADN) à l’intérieur de la cellule. La machinerie de la cellule lit ces plans et se met à fabriquer des virus, jusqu’à ce que la cellule éclate, bourrée de virus.

Les protéines

Les protéines jouent un rôle primordial dans notre histoire. Celles-ci ont d’abord une fonction structurale. Votre foie, vos cheveux, votre peau et autres organes sont constitués en grande partie de protéines. La cellule elle-même maintient sa forme à l’aide de protéines.

Un autre rôle primordial des protéines, parmi plusieurs autres, est celui d’enzyme. Les enzymes sont les fameux corps de métier qui permettent à la machinerie cellulaire d’opérer. Chaque enzyme est spécialisé dans une seule fonction biochimique, consistant à lier ensemble des éléments simples ou, au contraire, à briser des liens existants, libérant ou utilisant de l’énergie dans le processus. Les enzymes sont les chimistes de la cellule.

Les protéines tirent leur polyvalence de leur structure. Ils sont constitués de 20 types de molécules, appelés acides aminés, mis bout à bout dans un ordre spécifique et unique à chaque protéine (généralement plus d’une centaine). Les acides aminés ont des structures et propriétés chimique différentes, souvent déterminées par leur affinité pour l’eau, le gras et l’acidité. La composition exacte d’une protéine détermine sa structure tridimensionnelle, ses propriétés structurelles, ainsi que son activité enzymatique.

L’ADN

L’ADN d’une cellule contient les plans de construction et d’opération de la cellule. Celui-ci est constitué d’une série de « nucléotides », chacun comprenant un de quatre types de molécules, appelés bases azotés. Les bases azotés sont souvent représenté par les quatre lettres suivantes: A, C, G, T. Les nucléotides sont mis bout à bout dans un ordre spécifique et unique à l’organisme concerné. Le génome humain en contient quelques milliards.

La séquence de bases azotées dans une partie de l’ADN (les gènes) constitue un code pour la fabrication des protéines (voir une prochaine section). Une grande partie de l’ADN sert par contre à contrôler l’expression de ces gènes. Ce contrôle s’exerce souvent à l’aide de protéines qui se lient à ces sections régulatrices.

NOTE: l’ADN est constitué de deux chaines de nucléotides complémentaires (la double hélice). Nous n’avons pas à considérer ceci pour la présente discussion.

L’ARN

L’ARN constitue un intermédiaire entre l’ADN et le site de fabrication des protéines. Des sections d’ADN dont l’organisme a besoin sont copiés sous forme d’ARN. L’ARN a une composition similaire à l’ADN, et peut donc transporter l’information codée par l’ADN en maintenant son intégrité. Les nucléotides de l’ARN sont désignés par les lettres A, C, G, U.

Nous sommes intéressés par deux types d’ARN, fabriqués à partir de différents endroits de l’ADN:

  • L’ARN messager, qui code pour la fabrication de protéines en spécifiant les acides aminés qui seront nécessaires (voir code génétique)
  • L’ARN de transfert, non-codant, fabriqué en diverses variétés, chacune pouvant se lier à un acide aminé spécifique et l’amener au site de fabrication des protéines (un ribosome) pout y être intégré lorsque l’ARN messager le demande.

Le code génétique

Le code génétique réfère à la séquence de « lettres » dans l’ARN messager qui, lue trois lettres à la fois, se traduit par le choix d’un acide aminé spécifique à insérer dans la chaine formant une protéine. C’est l’ARN de transfert qui transporte cet acide aminé au site de fabrication du ribosome.

Comme nous avons 4 lettres et que le code requiert des séries de 3 lettres, il est possible de former 64 différentes séries de trois lettres. Ces groupes sont appelés CODONS. Nous avons 64 codons pour coder 20 acides aminés. Il y a un surplus, et c’est là le secret de la réponse à notre question initiale: le même acide aminé peut être codé par plusieurs (1 à 6) différents codons. Voir le tableau suivant, où les 20 acides aminés apparaissent dans la première colonne, et les codons correspondants dans les rangées adjacentes.

NOTE: les codons UAA, UAG, UGA marquent la fin de la chaine à construire. Ce sont des codons STOP.

Récapitulons avec un exemple:

  1. Une section de l’ADN correspondant à un gène est lue et transcrite sous form d’ARN messager, qui se rend sur le site de construction des protéines (le ribosome). Supposons qu’une section de l’ARN messager contient la séquence suivante: GUCACACUCUAA.
  2. La série est interprétée 3 lettres à la fois: GUC-ACA-CUC-UAA. Le tableau ci-haut nous permet de déterminer que les acides aminés à ajouter à la protéine en construction sont: val-thr-leu-STOP.
  3. La lecture de l’ADN a aussi produit divers ARN de transfert, non codant, qui se sont associés à divers acides aminés spécifiques. Certains sont associés aux acides aminés val, thr et leu, dont on a besoin. L’ARN de transfert comporte une section qui reconnait un codon particulier sur l’ARN messager, au site de construction des protéines.
  4. Le site de construction d’une protéine est très complexe. Dans ce cas, parce que l’ARN messager demande un val, seul l’ARN de transfert spécifiquement attaché à l’acide aminé val se joint au complexe et l’acide aminé est ajouté à la protéine en construction.
  5. La construction de la protéine se poursuit, cette fois avec l’acide aminé thr, puis leu. Le codon STOP signifie que la construction de la protéine est terminée.

Une pause youtube permet de voir le processus discuté jusqu’à maintenant (en anglais):

Manipulation génétique

La technologie permet maintenant de remplacer des sections d’ADN dans une cellule vivante par des sections manufacturées en industrie. Il est possible de simplement commander de telles sections, sur mesure, jusqu’à 4000 lettres de longueur. Le code génétique complet de certaines bactéries, dont E. coli, est aussi connu.

Nous avons maintenant tout ce qu’il faut pour notre expérience avec la bactérie E.coli. Voici les étapes:

  1. Entrer le code génétique connu (la séquence de codons) de la bactérie dans un programme de traitement texte.
  2. Choisir un acide aminé pour lequel il existe plusieurs codons permettant de le coder.
  3. Choisir un des codons identifiés au point 2, et remplacer par un codon qui code pour le même acide aminé. Ce remplacement est fait partout (ou si possible dans les gènes codant pour des protéines). En théorie, notre programme de traitement de texte contient maintenant un code génétique valide pour la bactérie, mais dont un codon en particulier est absent.
  4. Couper des sections de ce texte en parties plus petite et commander de l’ADN à l’industrie (sections de 4000 bases ou moins).
  5. Introduiser graduellement les sections dans la bactérie, remplaçant les sections correspondantes existantes. Ceci est un long processus. On doit permettre aux bactéries de se multiplier après chacune des opérations de remplacement et on doit régler certains problèmes (par exemple, si on a remplacé un codon dans une section de contrôle non-codante de l’ADN, il se peut que le remplacement ne fasse pas l’affaire).
  6. Éliminer de la bactérie l’ADN qui code spécifiquement pour l’ARN de transfert qui reconnait le codon qu’on a éliminé. Cet ARN de transfert est inutile à la bactérie de toute façon, puisque la nouvelle bactérie créée ne fabriquera pas d’ARN messager contenant ce codon.

Conclusion

Après cette procédure, la bactérie continue de fonctionner normalement, mais un problème se pose pour tout virus l’attaquant. L’ADN du virus injecté dans la cellule contient les gènes nécessaires à la fabrication de celui-ci. Ces gènes contiennent tous le code permettant de créer de l’ARN messager contenant le codon qu’on a éliminé de la bactérie. Mais comme on a aussi éliminé l’ARN de transfert correspondant à ce codon, l’acide aminé nécessaire ne peut être transporté sur le site de construction des protéines. L’ADN du virus ne peut mener à la construction de protéines, donc le virus ne peut se reproduire. On a une Supercellule!

Une telle bactérie résistante aux virus pourrait être utilisée dans l’industrie alimentaire ou pharmaceutique, où on utilise déjà des bactéries. Et dans un futur lointain, pourrait-on penser devenir nous même résistants aux virus?

L’Iliade

Je termine la lecture de l’Iliade, l’oeuvre poétique d’Homère, qui fait partie du Cycle troyen, c’est-à-dire l’ensemble d’épopées illustrant la guerre de Troie. Le texte fait près de 600 pages sur mon iPad. Il est composé de 24 « chants », traduits en français par Paul Mazon. Les vers disparaissent à la traduction, mais le texte demeure d’une qualité exceptionnelle, quoique d’un style peu familier. Voici quelques exemples.

Mais quand l’Étoile du matin vient annoncer la lumière à la terre, l’Étoile du matin, derrière qui l’Aurore en robe de safran s’épand sur la mer, le feu du bûcher s’apaise, la flamme tombe, et les vents chez eux s’en retournent à travers la mer de Thrace, qui gémit dans un gonflement furieux.

Ah ! fils d’Atrée, quel mot s’est échappé de l’enclos de tes dents.

Celui-ci sent se dilater son cœur, comme le blé sous la rosée, aux jours où grandit la moisson et où les champs se hérissent d’épis.

Malgré la beauté du texte, L’Iliade est difficile pour plusieurs raisons. L’histoire s’accroche au personnage d’Achille, fils de la nymphe marine Thétis et du mortel Pélée. Achille est le plus redoutable guerrier de la flotte grecque, pratiquement indestructible (sauf pour son talon). La flotte met le siège devant la cité de Troie (ou Ilion), sous les ordres d’Agamemnon. Le vieux roi Priam règne sur Ilion, alors que son fils préféré, Hector, est le héro des forces Troyennes. Priam, comme tout bon roi, a plusieurs enfants, comme il le décrit lui-même.

Ils étaient cinquante, le jour où sont venus les fils des Achéens ; dix-neuf sortaient du même sein, le reste m’était né d’autres femmes en mon palais.

Malheureusement, une dispute entre Achille et Agamemnon à propos d’une femme résulte en la décision d’Achille de ne pas participer à la bataille qui s’ensuit, sachant fort bien que son absence met en péril les chances de succès des forces grecques.

Pendant plusieurs chants, cette bataille est décrite dans les moindres détails (des centaines de pages!), ce qui me fait penser à la description d’un match de hockey. D’un côté de la patinoire, l’armée grecque; de l’autre, l’armée troyenne.

Imaginez la description d’un tel match, non pas à la télé ou à la radio, mais dans un texte. Il y a des dizaines et des dizaines de joueurs. Les commentateurs nomment chacun des joueurs, décrivent chaque interaction, incluant une description de l’équipement porté par les joueurs, les coups portés (plus graphiques et vicieux que dans Game of Thrones!), etc. Et comme dans un match de hockey, les commentateurs s’égarent dans les détails de la famille de chacun des joueurs et son histoire à mesure que le jeu se poursuit (et évidemment, on ne peut nommer quiconque sans faire suivre le nom de « fils de …. », ce qui multiplie les personnages).

Et puis il y a les arbitres, les dieux et déesses de l’Olympe, qui ne sont pas très attachés aux règlements. Les uns intercèdent pour aider ou nuire aux Grecs, tandis que d’autres se concentrent sur les Troyens, prenant toujours soin d’éviter le courroux du tout puissant Zeus. Il est recommandé de connaitre un peu la hiérarchie divine avant de se lancer dans l’Iliade. Voici mon travail inachevé à ce propos (s’ouvre dans un nouvel onglet):

Éventuellement, Achille se joindra à la bataille dans le but de tuer Hector, responsable de la mort de son meilleur ami. Les derniers chants (après le match de hockey) permettent à l’histoire de se dérouler de façon plus normale.

Chladni figures and galaxy filaments

Chladni figures are the beautiful geometric patterns appearing when a plate covered with a small amount of sand (or other fine powder) is allowed to vibrate at certain frequencies. The following is an example of this phenomenon.

Depending on the vibration frequency, certain areas of the plate are not experiencing any vibrations (waves cancel each other in these areas). The sand is pushed from vibrating areas and accumulates in these quiet areas, producing the patterns.

Galaxy filaments are the largest structures in the universe (hundreds of millions of light-years). They are made up of galaxies (and clusters of galaxies). These filaments create boundaries, or walls, enclosing large voids where there is practically no matter.

Nearsc

By Richard Powell (http://www.atlasoftheuniverse.com/nearsc.html) [CC BY-SA 2.5 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5) ], via Wikimedia Commons

 

These filaments are believed to be the result of dark matter interacting with visible matter, which seems to be confirmed by computer simulation.

WARNING: Wild speculations below.

If galaxies in the universe are akin to grains of sand on a plate, the observed pattern  looks like 3D Chladni figures. Could it be that vibrations in the fabric of the universe are forcing matter (i.e. galaxies) to settle in quiet zones, like grains of sand on a plate?

Où sont les gens rationnels?

Ces jours-ci, on parle beaucoup de la question du refus d’une transfusion sanguine pour des motifs religieux. Ceci à la suite de la mort d’une femme ayant refusé un tel traitement, que ne permettent pas les croyances des Témoins de Jéhovah. On se demande si une personne peut prendre une décision éclairée lorsqu’entourée de proches qui l’influencent à un moment où celle-ci se trouve dans un état affaibli.

Il est évident que la décision de recevoir ou non un traitement doit demeurer le choix du patient. On ne peut se substituer à sa volonté, même si la décision nous apparait fondée sur des considérations non rationnelles. Par contre, cela soulève une question que j’ai déjà abordée dans un message précédent.

Le problème dans le cas ci-haut est qu’il est trop tard pour intervenir. Il n’est plus le temps de convaincre une personne de changer ses croyances lorsque celle-ci se trouve à l’article de la mort. On fait face au même problème dans les cas de violence ou terrorisme fondés ou excusés par des croyances religieuses. La même chose encore lorsque certains refusent d’agir pour contrer le réchauffement climatique parce que le climat est sous le contrôle de Dieu, pas de l’homme.

Alors que dans tous les domaines (politique, économie, sciences), les gens rationnels n’hésitent pas à argumenter avec force lorsqu’ils se butent aux opinions de gens qui ignorent les faits, ces mêmes personnes sont très peu loquaces lorsqu’il s’agit de contrer les discours de ceux qui véhiculent des croyances religieuses qui n’ont aucun fondement. Et cela devient de plus en plus problématique. On entend des voix s’opposer aux religions que dans les cas extrêmes où on véhicule des idées menant à la violence.

Nous confondons respect des croyances religieuses avec respect des personnes pratiquant une religion.  On doit toujours respecter les personnes, quel que soit le domaine, religion ou autre, mais il n’existe aucune raison pour que les idées et croyances religieuses soient à l’abri de la critique. Lorsqu’on accepte sans aucune opposition toute sorte d’idées complètement farfelues parce qu’elles ne nous « dérangent pas » ou parce qu’il faut « respecter les religions », nous décourageons tacitement la pensée critique, basée sur une analyse des faits. Or la pensée critique est ce qu’il y a de plus important dans la société. Cela doit être la pierre angulaire de notre système d’éducation. On doit constamment relever et combattre (par l’éducation et la parole) dans le domaine public les croyances qui ne sont pas fondées sur des faits, et pas seulement les croyances qui risquent de causer la violence ou qui sont des éléments utilisés dans le recrutement d’éléments terroristes. Il faut être consistent dans notre approche.

On voit déjà dans plusieurs pays, incluant les États-Unis, comment la religion cause des distorsions importantes dans l’interprétation de la réalité par une partie importante de la population. Ici, on prône la neutralité religieuse de l’État. C’est insuffisant. Nous devons prôner la rationalité de l’État. Si l’État désire contrer les effets néfastes de certaines croyances religieuses, il doit mettre en place un système d’éducation et un programme de communication qui combattent systématiquement les croyances non fondées sur la raison, tout en respectant les gens qui partagent ces croyances. L’idée n’est pas de ridiculiser ces gens, mais de les convaincre que c’est une erreur de croire aveuglément à une soi-disant vérité qui n’est pas basé sur la raison. L’histoire et la science ont depuis longtemps démontré que la plupart des croyances religieuses sont sans fondement dans la réalité (c’est à dire sans fondement soi-disant « divin »). Alors il est temps que les politiciens oeuvrant dans un État rationnel le disent haut et fort, même si ce n’est pas « politically correct ». Avec le temps, les gens développeront alors une pensée critique et seront mieux à même d’évaluer la pertinence des idées véhiculées dans la société.

Le gardien de l’Arbre-Monde

Sapiens2FrontCoverMon nouveau roman Le gardien de l’Arbre-Monde est maintenant disponible sur Apple iBooks (numérique) et sur Amazon (format Kindle et papier).

Suite à une fouille effectuée sur le site de Babylone, en Irak, Julie Careau tente de convaincre ses collègues de l’accompagner au Mexique pour confirmer certains soupçons sur la nature d’une découverte qui semble reliée aux anciens peuples mésoaméricains. Des personnages qui vécurent à différents endroits et à différentes époques hantent Julie à travers d’étranges rêves récurrents. Qui sont ces personnages et qu’ont-ils à voir avec elle? Et quel être malfaisant se cache derrière ces assauts répétés contre son esprit? La linguiste et ses amis, Chandresh Srivastava (Sri) et Jérémy Maher (Jerm), se lancent dans une aventure qui mettra à l’épreuve leurs connaissances et leur capacité de déduction, mais qui s’avèrera aussi beaucoup plus dangereuse que ce qu’ils avaient anticipé.