Marketing 101

2015-02-13

Le premier ministre Couillard s’est récemment engagé dans une opération de marketing de mauvais goût, en associant radicalisme avec la position du PQ concernant la souveraineté. Cela serait de bonne guerre si ce n’était du contexte actuel, où le mot « radicalisme », à la suite de divers événements récents, est associé à terrorisme. Évidemment, ce n’est pas une coïncidence. Le but est de manipuler l’esprit des gens, à la manière des spécialistes du marketing. On exprime une idée en apparence anodine, mais liée d’un certaine façon à un autre sujet. Le cerveau fait inconsciemment l’association et soudainement, dans l’esprit des gens, un lien se crée entre PQ et terrorisme. On a artificiellement créé une peur dans l’inconscient des gens. Dommage qu’un chef de gouvernement doive s’abaisser à de telles manipulation de l’esprit. On s’attendrait à ce qu’un PM puisse discuter intelligemment des enjeux en apportant des arguments, plutôt qu’en se livrant à ce genre d’approche de mauvais goût.

Intégrisme et sécurité à l’Assemblée nationale

2015-02-06

Ce matin, à la période des questions de l’Assemblée nationale, nous avons pu constater l’imbroglio entourant la réponse politique à donner à la question de l’intégrisme.

PQ

Le PQ demande au premier ministre de préciser sa position sur l’intégrisme, lui conseillant de se rallier à la position que celui-ci mène à l’extrémisme, comme l’a expliqué très clairement Zined El Rhazoui lors de son passage au Québec.

COMMENTAIRE: le PQ a parfaitement raison. Une doctrine religieuse dépeignant une fausse réalité est à la base des dérives menant à l’extrémisme, et éventuellement au terrorisme.

PREMIER MINISTRE

Le problème est la sécurité des québécois. C’est tout ce que la population demande et nous allons nous y attaquer, avec l’aide des organismes d’application de la loi.

COMMENTAIRE: le PM a tort. Dépeindre les québécois comme un groupe de personnes terrorisées attendant une intervention policière plus forte pour réprimer les actions terroristes est une simplification grossière du problème. C’est la fameuse approche de la peur, utilisée pour éviter de discuter sérieusement de problèmes complexes (une approche similaire est utilisée lorsque le sujet du référendum est abordé).

CAQ

On demande si le premier ministre entend mettre en place des mécanismes pour prévenir certains groupes de prêcher des valeurs qui vont à l’encontre des droits et libertés.

PREMIER MINISTRE

Le PM met en garde contre les interventions qui briment la liberté d’expression de quiconque, même si les idée avancées ne font pas l’affaire de plusieurs. Il souligne aussi l’approche négative du PQ, qui voulait exclure des citoyens sur la base de signes religieux et de choix de vêtements.

COMMENTAIRE: le PM a raison sur la question d’interdire l’expression de certaines idées. Une telle interdiction ne cadre pas avec la démocratie et la liberté d’expression, même si ces idées rebutent la majorité. Par contre, le PM a tort de ne pas considérer d’autres types d’approches. Il faut combattre les idées par les idées. Éducation dans les écoles et publicité sont des façons de contrer des idées et de développer un esprit critique chez la population pour prévenir la manipulation de l’esprit par des l’intégristes (voir un message précédent sur ce blogue). Cette approche a l’avantage d’offrir des outils pour se prémunir contre les manipulations indues de l’esprit, ou distortion de la réalité, même celles véhiculées par des religions qui ne prônent pas d’actions violentes. C’est probablement le poids politique de ces religions qui freine cette approche logique. N’oublions pas une chose: il faut toujours respecter les personnes, mais combattre les idées auxquelles nous nous opposons en utilisant tous les outils à notre disposition, particulièrement les idées qui déforment la réalité de façon évidente, que ces idées soient de nature religieuse ou non.

Pour ce qui est de l’interdiction des symboles religieux, le PM utilise encore une image forte, extrémiste, pour éviter la discussion sérieuse, même s’il a raison sur le fond: interdire les symboles et les vêtements a peu d’effet sur l’intégrisme, qui se situe au niveau des idées.

VICE sur HBO

2015-02-02

Pour ceux qui maitrisent l’anglais, l’émission d’information VICE diffusée sur HBO est un must pour avoir une vision du monde tout à fait unique. Les aberrations qui prennent place sur notre planète y sont exposées de façon exceptionnelle par une équipe de journalistes qui ne craint pas de plonger au cœur de l’action. Les reportages qui y sont présentés nous ouvrent les yeux sur des phénomènes de société qu’on a parfois peine à croire.

Un exemple parmi d’autres est le travail exceptionnel de la journaliste Tania Rashid au Bangladesh. Son reportage Toxic Tanneries expose ce que des gens doivent supporter pour satisfaire les besoins en articles de luxe de nos sociétés de consommation. Celui sur les Gang Rape expose ce que les femmes doivent affronter dans un pays dominé par les hommes… et l’islam. Rashid y confronte des policiers et se rend même à une mosquée où les femmes n’ont pas accès pour avoir une opinion sur le sujet du viol. Ils ont tous la même opinion : la femme est souvent responsable de ce qui lui arrive.

2015-02-04: Sex, slavery and drug

Le moment PKP

2015-01-26

« Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu’au bout »

Vendredi dernier, Jean-François Lisée se retirait de la course à la chefferie du PQ. Le point culiminant de son allocution fut le suivant: « Le Parti québécois veut vivre son moment Pierre Karl Péladeau jusqu’au bout ». Derrière cette phrase anodine se cache, à mon avis, la raison profonde de la capitulation de Jean-François Lisée. Bien sûr, les sondages montrent que PKP est loin devant ses adversaires, et que Lisée a peu de chance de remporter la course. Mais je ne crois pas que cela soit suffisant pour le décourager. Un politicien sérieux avec son expérience voit certainement l’avantage de pouvoir promouvoir et débattre de ses idées lors d’une course à la chefferie. Tout politicien sait qu’il peut perdre. Dans bien des cas, des candidats aux élections savent très bien qu’ils vont perdre. Malgré cela, ils continuent de se battre. Continuer la lecture…

Le hameçonnage religieux

2015-01-19

Nous assistons présentement à diverses interventions de politiciens québécois concernant la nécessité ou non d’intervenir rapidement sur la neutralité religieuse de l’état, ainsi que sur la radicalisation. Ce sont deux choses distinctes, et certains préfèrent reporter la question de la neutralité religieuse à plus tard de peur qu’un lien soit établi entre celle-ci et la radicalisation, cette dernière étant, dans le contexte actuel, surtout liée à l’Islam. Bref, on ne veut pas que la neutralité religieuse de l’État soit perçue comme une tentative de bâillonner une religion en particulier.

Il convient alors d’être prudent dans le choix des mots. Les Français sont particulièrement habiles de ce côté. Par exemple, si vous vous retrouvez dans un train sans un ticket valide, le contrôleur vous dira que « vous êtes en situation irrégulière », un choix de mot qui n’implique pas automatiquement que vous avez commis une faute. Dans le cas de la radicalisation, on parlait récemment en France des « dérives sectaires liées à l’Islam », un choix de mots qui établit clairement le caractère unique des groupes radicaux par rapport à la religion dominante : il s’agit de sectes.

Les sectes sont généralement des communautés fermées où un ou des gourous exercent un pouvoir important, voir total, sur les membres de la secte. Le gourou définit la doctrine de la secte, c’est-à-dire qu’il fournit une interprétation de faits d’actualité, de faits historiques, et de l’histoire sacrée, et utilise cette interprétation pour orienter et diriger l’action des membres. Continuer la lecture…

Élections à date aléatoire

Les élections à date fixe permettent aux partis politiques de mieux planifier. Cela empêche aussi les gouvernements majoritaires, du moins en théorie, de déclencher des élections en des circonstances qui leur sont particulièrement favorables. Présentement, cela se traduit à Ottawa par des baisses d’impôts, en prévision des élections en octobre 2014.

À Québec, nous assistons à l’opposé. De sévères coupures dans les dépenses, et autres mesures impopulaires, sont imposées dans un court laps de temps. C’est une méthode recommandée par Machiavel, qui souligne qu’une telle approche est moins dommageable politiquement que de faire la même chose sur une longue période. Les électeurs, qui ne pourront s’exprimés que dans 4 ans, auront alors oublié.

Les élections à date aléatoire permettraient de connaitre la date des élection plus d’un an à l’avance, facilitant la planification, mais ne mettrait pas un gouvernement majoritaire à l’abri total d’élection pour une période de quatre ans. Voici un exemple possible de fonctionnement:

7 avril 2014 – Élection Québec

Probabilités que des élections surviennent dans les années suivantes:

  • Période 1 : 7 avril 2015 – 6 avril 2016  (10%)
  • Période 2: 7 avril 2016 – 6 avril 2017 (30%)
  • Période 3 : 7 avril 2017 – 6 avril 2018 (70%)
  • Période 4 : 7 avril 2018 – 6 avril 2019 (100%)

Suivant l’élection du 7 avril 2014, le Directeur des élections procède immédiatement à un tirage pour savoir si des élections surviendront pendant la période 1. La probabilité que oui est de 10% et celle de non de 90%. Si oui, la date est immédiatement fixée par le gouvernement à l’intérieur de la période indiquée. Si non, un deuxième tirage aura lieu en avril 2015, où la probabilité qu’il y ait des élections dans la période 2 est maintenant de 30%.  Et ainsi de suite jusqu’à la période 4.

Est-ce que cela créerait assez d’incertitude pour assurer une plus grande constance chez les gouvernements, indépendamment de la date des élections?

Béliveau et Tremblay repêchés

En l’espace d’une semaine, Jean Béliveau et son ailier gauche Giles Tremblay sont repêchés par l’au-delà. Quelle équipe ils vont faire!

Ces joueurs sont ceux de ma jeunesse. Je suis né en 1955, quelques années à peine après La Soirée du Hockey. Entre 6 et 10 ans, il m’arrivait souvent de jouer au hockey le soir dans la rue avec des amis. C’était à Val-d’Or, alors les rues étaient de glace et le froid cinglant. Mais nous imitions nos héros. Parmi ces héros se trouvaient Béliveau et Tremblay, qui nous donnaient la force d’affronter n’importe quoi. Nous aimions particulièrement nous confronter aux « grands », les ados, frères de l’un ou de l’autre de mes amis. Les buts étaient faits de neige, mais les petits joueurs étaient invincibles.