Le hameçonnage religieux

2015-01-19

Nous assistons présentement à diverses interventions de politiciens québécois concernant la nécessité ou non d’intervenir rapidement sur la neutralité religieuse de l’état, ainsi que sur la radicalisation. Ce sont deux choses distinctes, et certains préfèrent reporter la question de la neutralité religieuse à plus tard de peur qu’un lien soit établi entre celle-ci et la radicalisation, cette dernière étant, dans le contexte actuel, surtout liée à l’Islam. Bref, on ne veut pas que la neutralité religieuse de l’État soit perçue comme une tentative de bâillonner une religion en particulier.

Il convient alors d’être prudent dans le choix des mots. Les Français sont particulièrement habiles de ce côté. Par exemple, si vous vous retrouvez dans un train sans un ticket valide, le contrôleur vous dira que « vous êtes en situation irrégulière », un choix de mot qui n’implique pas automatiquement que vous avez commis une faute. Dans le cas de la radicalisation, on parlait récemment en France des « dérives sectaires liées à l’Islam », un choix de mots qui établit clairement le caractère unique des groupes radicaux par rapport à la religion dominante : il s’agit de sectes.

Les sectes sont généralement des communautés fermées où un ou des gourous exercent un pouvoir important, voir total, sur les membres de la secte. Le gourou définit la doctrine de la secte, c’est-à-dire qu’il fournit une interprétation de faits d’actualité, de faits historiques, et de l’histoire sacrée, et utilise cette interprétation pour orienter et diriger l’action des membres. Continuer la lecture…

Élections à date aléatoire

Les élections à date fixe permettent aux partis politiques de mieux planifier. Cela empêche aussi les gouvernements majoritaires, du moins en théorie, de déclencher des élections en des circonstances qui leur sont particulièrement favorables. Présentement, cela se traduit à Ottawa par des baisses d’impôts, en prévision des élections en octobre 2014.

À Québec, nous assistons à l’opposé. De sévères coupures dans les dépenses, et autres mesures impopulaires, sont imposées dans un court laps de temps. C’est une méthode recommandée par Machiavel, qui souligne qu’une telle approche est moins dommageable politiquement que de faire la même chose sur une longue période. Les électeurs, qui ne pourront s’exprimés que dans 4 ans, auront alors oublié.

Les élections à date aléatoire permettraient de connaitre la date des élection plus d’un an à l’avance, facilitant la planification, mais ne mettrait pas un gouvernement majoritaire à l’abri total d’élection pour une période de quatre ans. Voici un exemple possible de fonctionnement:

7 avril 2014 – Élection Québec

Probabilités que des élections surviennent dans les années suivantes:

  • Période 1 : 7 avril 2015 – 6 avril 2016  (10%)
  • Période 2: 7 avril 2016 – 6 avril 2017 (30%)
  • Période 3 : 7 avril 2017 – 6 avril 2018 (70%)
  • Période 4 : 7 avril 2018 – 6 avril 2019 (100%)

Suivant l’élection du 7 avril 2014, le Directeur des élections procède immédiatement à un tirage pour savoir si des élections surviendront pendant la période 1. La probabilité que oui est de 10% et celle de non de 90%. Si oui, la date est immédiatement fixée par le gouvernement à l’intérieur de la période indiquée. Si non, un deuxième tirage aura lieu en avril 2015, où la probabilité qu’il y ait des élections dans la période 2 est maintenant de 30%.  Et ainsi de suite jusqu’à la période 4.

Est-ce que cela créerait assez d’incertitude pour assurer une plus grande constance chez les gouvernements, indépendamment de la date des élections?

Béliveau et Tremblay repêchés

En l’espace d’une semaine, Jean Béliveau et son ailier gauche Giles Tremblay sont repêchés par l’au-delà. Quelle équipe ils vont faire!

Ces joueurs sont ceux de ma jeunesse. Je suis né en 1955, quelques années à peine après La Soirée du Hockey. Entre 6 et 10 ans, il m’arrivait souvent de jouer au hockey le soir dans la rue avec des amis. C’était à Val-d’Or, alors les rues étaient de glace et le froid cinglant. Mais nous imitions nos héros. Parmi ces héros se trouvaient Béliveau et Tremblay, qui nous donnaient la force d’affronter n’importe quoi. Nous aimions particulièrement nous confronter aux « grands », les ados, frères de l’un ou de l’autre de mes amis. Les buts étaient faits de neige, mais les petits joueurs étaient invincibles.

Le prix du pétrole

Le prix d’un produit pétrolier, telle l’essence, dépend de plusieurs facteurs:

  • Cout du pétrole brut
  • Cout du transport à la raffinerie
  • Cout du raffinage
  • Cout du transport au lieu de stockage
  • Cout du stockage
  • Cout de la distribution aux points de vente

Le coût du brut influence grandement le cout total. Ce cout est exprimé en $US par baril. La composition du brut varie selon sa provenance, et tous les pétroles n’ont pas la même valeur. Les pétroles légers, de faible densité, sont de meilleure qualité que les pétroles lourds. De même, la présence de soufre dans un pétrole (dit corrosif) en diminue la valeur. Le « prix du pétrole » est une valeur de référence. En Amérique du Nord, ce prix de référence est le West Texas Intermediate (WTI), un brut léger non corrosif extrait en Oklahoma. Au niveau international, le brut de référence est le Brent de la Mer du Nord. Le véritable prix d’un brut particulier est souvent exprimé sous forme d’escompte par rapport au brut de référence. Par exemple (WTI – $5) signifie $5 le baril de moins que le prix du West Texas Intermediate.  Continuer la lecture…

Pétrole au Québec et écologie

Jean-François Lisée dévoilait aujourd’hui sa position à propos de l’exploitation pétrolière sur le territoire du Québec. Une position écologique qui dit non à l’utilisation de la fracturation hydraulique (considérée trop risquée dans l’état actuel de nos connaissances), et qui ne permettrait l’exploitation traditionnelle que dans les cas où ce serait avantageux du point de vue écologique par rapport à la situation actuelle (importation).

Le refus de l’OPEP de diminuer la production pour maintenir les prix à un niveau élevé a résulté en une baisse marquée du prix du pétrole dans les derniers mois, une stratégie visant à miner la rentabilité de la fracturation hydraulique aux États-Unis, une industrie maintenant florissante. Cette baisse de prix, si elle se maintient, mettra aussi en péril la croissance accélérée de l’exploitation des sables bitumineux an Alberta (voir rapport de Carbon Tracker), qui doit compter sur un prix élevé pour compenser la couteuse méthode d’extraction, de traitement et de transport de ce vil or noir. Avec un peu de chance, on pourrait assister à une baisse de l’engouement des sociétés pétrolières pour une surexploitation de la ressource par toutes les méthodes possibles, sans égard pour l’environnement.

L’engagement de Jean-François Lisée se heurtera sans doute au crédo économique qui veut que l’on « profite » à tout prix de cette manne que constitue le pétrole (emplois, redevances, etc.). Dans un contexte où la majorité des politiciens ne parlent que d’argent, chacun s’improvisant économiste et faisant miroiter un futur plein de richesses (du moins en période électorale, ce qui semble plaire à plusieurs), il est bon de constater que certains se souviennent que le bienêtre d’une population ne se résume pas seulement à la grosseur de son portefeuille. Continuer la lecture…

« Dieu bénisse le Canada »

Il y quelques semaines, j’entendais le premier ministre du Canada terminer son discours par un « Dieu bénisse le Canada », formule commune à nos voisins du sud (remplacer Canada par United States), mais relativement peu utilisée dans notre pays. Suite aux efforts déployés en 2013 au Québec pour affirmer dans une loi la laïcité de l’État, ce genre de déclaration fait frémir. Voici pourquoi.

Tout d’abord, il convient de mentionner que j’ai soumis l’an dernier un mémoire à la Commission des institutions dans le cadre de ce fameux projet de loi 60 (Charte affirmant les valeurs de laïcité…), ce qui m’a permis d’organiser certaines idées par rapport à la laïcité de l’État. Ce mémoire, en plus de commenter sur le bien-fondé des articles de loi proposés, soulevait une question qui, à mon avis, n’avait pas été suffisamment exprimée dans le projet de loi: l’objectivité et la rationalité de l’État.
Voici un extrait du mémoire à ce sujet: …Continuer la lecture…

La carotte et le bâton

« Moi, je suis pour les 8 millions de personnes qui nous écoutent, pas pour les 8 000 qui voient le bâton arriver. »

C’est en ces termes colorés que le ministre de la Santé, Gaetan Barette, concluait sa réponse à un journaliste qui le questionnait sur le projet de loi 20 (Loi favorisant l’accès aux services de médecine), déposé aujourd’hui. Le ministre nous apprend qu’au Québec, malgré tous les incitatifs (la carotte), les médecins voient de moins en moins de patients. La solution proposée dans le projet de loi est de forcer les médecins à voir un minimum de patients, et à être disponible pour ces patients, sous peine de voir leur rémunération réduite pour les actes posés (le bâton). La disponibilité d’un médecin de famille sera calculée en fonction de la proportion du nombre de fois que ses patients le rencontrent, sur le nombre total de fois où ses patients rencontrent n’importe quel médecin, incluant son médecin de famille.

La discussion à propos de la carotte et du bâton: …Continuer la lecture…